RDC Environnement | Recyclage chimique des déchets plastiques (RECORD, 2015)
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Recyclage chimique des déchets plastiques (RECORD, 2015)

Recyclage chimique des déchets plastiques (RECORD, 2015)

Le rapport final de notre étude « Recyclage chimique des déchets plastiques : situation et perspectives » est maintenant disponible publiquement. Cette étude a été réalisée en partenariat avec ajBD pour le compte de l’association RECORD.

Objectifs de l’étude

On observe, en France et dans plusieurs autres pays de l’UE, une tendance au plafonnement du taux de recyclage mécanique pour certains gisements à fort contenu en déchets plastiques tels que les emballages et les DEEE. Les procédés de recyclage chimique constituent une piste à ne pas négliger pour augmenter le taux de valorisation matière des déchets plastiques à court et moyen-terme. Ils ouvrent en particulier des perspectives pour le traitement de déchets souillés et / ou mélangés qui, pour beaucoup, sont aujourd’hui mis en enfouissement.

Il y a donc nécessité de bien comprendre l’état réel de la situation du recyclage chimique des déchets plastiques sous ses aspects techniques et économiques au plan mondial ainsi qu’à identifier les pistes de développement les plus porteuses et les contraintes à surmonter.

Dans ce contexte, les objectifs de la présente étude sont les suivants :

  • Etablir une revue de cadrage sur le recyclage chimique des déchets plastiques sur la base d’une analyse bibliographique, afin de disposer d’une vue d’ensemble cohérente de la situation actuelle et des perspectives
  • Réaliser un « avis d’experts », à travers l’animation d’un groupe de travail international, afin d’identifier les tendances, les technologies actuellement envisagées en recyclage chimique des plastiques usagés, les freins et points de blocage de toutes natures, les points faisant consensus et les points de désaccord.

Cette étude doit permettre à RECORD de disposer d’un diagnostic de la situation et des perspectives, indispensable pour la définition ultérieure de priorités en matière de R&D.

Conclusions : des perspectives incertaines et plusieurs questions en suspens

Il apparaît clairement que la voie « retour à la matière », c’est-à-dire des produits de réaction constitués de produits chimiques qui seront utilisables dans une étape ultérieure pour la synthèse de nouveaux produits chimiques n’est pas porteuse de développements industriels à court-terme et que c’est au contraire la voie « énergétique » qui a le plus de potentiel de développement.

Le recyclage chimique présente l’avantage de pouvoir traiter, sous réserve de prétraitements appropriés des déchets, des flux de plastiques souillés par des inertes ou des matières organiques inséparables, des mélanges de différents plastiques, de différents grades ou de différents additifs, pour lesquels le recyclage mécanique n’est pas possible. Toutefois, les perspectives de développement du recyclage chimique des déchets plastiques à court et moyen termes sont incertaines. Il est handicapé par des coûts élevés en raison des faibles capacités et de la complexité technologique. Sa rentabilité, à quelques exceptions près, ne pourrait donc provenir que d’une contrainte sur le marché, soit légale (obligation de recyclage), soit d’image (volonté de producteurs de montrer le caractère recyclable de leurs produits).

Selon notre analyse, les seules pistes pour lesquelles le recyclage chimique présente des perspectives favorables à court terme concernent trois « niches d’activités » :

  • pyrolyse lente des déchets de composites fibres de carbone / époxy
  • solvolyse sous pression et en température des composites usagés
  • dépolymérisation de déchets propres de PMMA.

Une autre piste en est au stade « pilote prometteur » (pyrolyse rapide du RBA, des refus de tri de DEEE et des refus de tri des recyclables légers) mais sa rentabilité intrinsèque n’est pas démontrée.

L’état des lieux décrit dans le présent rapport a mis en évidence des degrés de développement contrastés du recyclage chimique selon les pays européens. En France, malgré l’existence d’une R&D active ayant conduit à de nombreux pilotes et démonstrateurs, on constate qu’aucun projet industriel pérenne de gazéification ou de pyrolyse des déchets plastiques ne s’est concrétisé.

Plusieurs experts ont souligné les contraintes spécifiques à la France, telles que le statut règlementaire trop rigide de la gazéification, la lourdeur des procédures d’obtention des autorisations d’exploitation, la difficulté de trouver des gisements de déchets stables et d’une qualité suffisante à un coût acceptable (en particulier pour le CSR) et des tarifs de rachat de l’électricité peu avantageux.

Ce constat suscite plusieurs questions :

  • la France a-t-elle un « retard » par rapport à des pays comme la Grande-Bretagne, la Finlande ou l’Italie, où bien au contraire cette situation est-elle le résultat logique d’une politique assumée, s’appuyant sur des choix techniques qui privilégient d’autres formes de valorisation des déchets plastiques difficiles à recycler mécaniquement ?
  • en corollaire, l’existence de leviers de nature règlementaire (obligation de recyclage), fiscale (tarif élevé de reprise de l’électricité) ou d’image (volonté de producteurs de montrer le caractère recyclable de leurs produits) a-t-elle eu un effet catalyseur sur les investissements dans ces pays ou le recyclage chimique des déchets plastiques a commencé à se développer ?
  • le fait que des industriels investissent dans ces pays signifie-t-il pour autant que le recyclage chimique est la solution optimale pour traiter ces déchets « difficiles » ?
  • quel mécanisme pourrait permettre d’assurer la rentabilité économique d’une filière de recyclage chimique des déchets plastiques en France ? Parmi les pistes envisageables, celle qui consisterait à développer une filière basée sur une combinaison du principe de la REP et de l’efficacité énergétique mériterait d’être approfondie, par exemple pour la gazéification du CSR ou de certaines fractions issues du sur-tri des résidus de broyage automobile.

 

Téléchargez le rapport complet.

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