pfas

2 janvier 2026

PFAS : l’obstacle caché à une économie véritablement circulaire

Les PFAS sont là pour rester

Les PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), communément appelées « produits chimiques éternels », constituent un vaste groupe de composés synthétiques appréciés pour leurs propriétés de résistance à l’eau, à la graisse et à la chaleur. Ils sont largement utilisés notamment dans les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les vêtements imperméables et les emballages alimentaires.

En raison de leurs liaisons carbone-fluor extrêmement stables, les PFAS sont très persistants dans l’environnement et peuvent être trouvés dans le sol, l’eau, l’air, la faune sauvage et même chez nos dirigeants européens, comme le montre cet article de l’EEB (Euronews, 2025). Plusieurs PFAS ont été associés à des effets sur la santé tels que le cancer, des lésions hépatiques et rénales, ainsi que des troubles du développement et du système immunitaire ( EFSA (2020) Risk to human health related to the presence of perfluoroalkyl substances in food; ECHA (2023) PFAS restriction proposal; Fenton et al (2021) Per and Polyfluoroalkyl Substance Toxicity and Human Health).

Lorsque les PFAS se retrouvent dans les flux de déchets, les options classiques de traitement des déchets telles que le recyclage, l’incinération ou la mise en décharge ne suffisent pas à décomposer ces molécules. Même un incinérateur de déchets dangereux ou un four à ciment, où les températures atteintes sont plus élevées que dans un incinérateur municipal classique, devra encore traiter l’acide fluorhydrique présent dans les gaz de combustion en raison de la destruction des PFAS.

Par conséquent, les PFAS peuvent être considérés comme des « substances héritées » dont on ne pourra pas se débarrasser de sitôt. Même si une interdiction totale des PFAS était mise en œuvre dès demain, les PFAS déjà présents dans les produits et l’environnement continueraient à circuler pendant très longtemps.

Risque pour l’économie circulaire

D’un point de vue réglementaire, le défi consistera à définir un cadre équilibré pour réglementer la présence des PFAS dans les déchets de manière à garantir la protection de la santé humaine et de l’environnement tout en maintenant l’ambition en matière de recyclage et de valorisation des déchets, qui sont essentiels pour atteindre les objectifs de l’UE en matière d’économie circulaire et de climat. Voici quelques risques potentiels liés aux PFAS :

  • Baisse de la demande en matières premières secondaires en raison 1) d’une réglementation plus stricte concernant les concentrations de PFAS dans les nouveaux produits et 2) de la sensibilisation des consommateurs à ce sujet ;
  • Coûts importants liés au traitement des déchets contaminés par les PFAS (détection, séparation et traitement) hors des flux de déchets, et impact négatif qui en résulte sur les chaînes de valeur du recyclage ;
  • Le manque d’harmonisation entre les États membres en matière de réglementation des PFAS pourrait entraîner une fragmentation du marché unique des matières premières secondaires.

Il est clair que les prochaines années devront être consacrées à un travail considérable afin de créer le cadre approprié qui permettra de trouver cet équilibre entre la santé humaine, celle de la planète et l’économie circulaire. Les PFAS font déjà l’objet de certaines réglementations européennes, mais l’attention portée à ces produits chimiques ne fera que croître dans les années à venir.

Quelle est la prochaine étape ?

Le cadre actuel n’est pas adapté pour traiter les PFAS de manière à permettre leur élimination complète de l’environnement. Il est donc nécessaire de prendre des mesures supplémentaires, qui seraient également conformes au programme politique de la Commission européenne :

  • Le Plan d’action pour l’économie circulaire définit la « nécessité de cycles de matériaux sûrs et non toxiques ».
  • La Stratégie pour des produits chimiques durables propose de nouvelles orientations pour la politique de l’UE en matière de produits chimiques. Cela inclut l’interdiction des substances les plus nocives, en particulier les PFAS, sauf si leur utilisation est jugée indispensable.
  • Le Plan d’action de l’UE « Vers une pollution zéro de l’air, de l’eau et du sol » ambitionne de créer un environnement exempt de substances toxiques, en donnant la priorité à la réduction des émissions chimiques, y compris les PFAS.
  • 8eprogramme d’action pour l’environnement (PAE) : l’objectif de l’UE est de garantir que d’ici 2050, les citoyens vivent bien, dans les limites de la planète, dans une économie du bien-être où rien n’est gaspillé, où la croissance est régénératrice, où la neutralité climatique dans l’Union est atteinte et où les inégalités ont été considérablement réduites.

Expertise chez RDC Environment

Chez RDC Environment, nous travaillons sur le thème des PFAS. L’une des études réalisées recemment a examiné le potentiel de certaines politiques publiques visant à soutenir le développement d’alternatives plus sûres aux PFAS. Le lien vers cette étude se trouve ici.

Une autre étude en cours examine la mise en place d’un mécanisme de financement (intrafédéral) pour lutter contre la contamination par les PFAS. Consultez régulièrement notre site web si vous souhaitez connaître les résultats de cette étude !